
C’est dans ce contexte que l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) suscite un intérêt croissant comme traitement d’appoint pour la maladie de Parkinson. L’OHB consiste à respirer de l’oxygène pur à 100% dans une chambre pressurisée, ce qui permet d’augmenter considérablement la quantité d’oxygène dissous dans le sang et donc délivré aux tissus. Cette thérapie est déjà bien établie pour traiter des conditions comme les accidents vasculaires cérébraux, les traumatismes crâniens ou la cicatrisation des plaies difficiles. Les chercheurs émettent l’hypothèse qu’une hypoxie chronique (c’est-à-dire un manque d’oxygène) dans le cerveau des patients parkinsoniens pourrait contribuer à la dégénérescence neuronale, et qu’augmenter la disponibilité en oxygène pourrait protéger les neurones et améliorer les symptômes.
À ce jour, au moins 16 études cliniques humaines, incluant des essais contrôlés randomisés (le niveau de preuve le plus élevé en recherche médicale) et des études contrôlées, ont évalué l’efficacité de l’OHB chez environ 1 300 patients parkinsoniens. Ces dernières années notamment, plusieurs méta-analyses (qui combinent statistiquement les résultats de multiples études) ont examiné l’impact de l’OHB sur les symptômes moteurs et non-moteurs de la maladie de Parkinson. Nous allons examiner en détail les bénéfices cliniquement prouvés de cette approche thérapeutique.
Amélioration des symptômes moteurs
L’un des bénéfices les mieux documentés de l’oxygénothérapie hyperbare concerne l’amélioration de la fonction motrice chez les patients parkinsoniens. Plusieurs essais contrôlés ont démontré qu’ajouter l’OHB au traitement médicamenteux standard procure de meilleurs résultats moteurs que les médicaments seuls. Dans ces études, la fonction motrice est généralement mesurée par l’échelle UPDRS-III (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale Part III), un outil standardisé qui évalue les tremblements, la lenteur des mouvements, la rigidité et la démarche.
Une méta-analyse majeure publiée en 2025 et portant sur 13 essais contrôlés randomisés incluant 958 patients au total a révélé une amélioration motrice significativement supérieure chez les patients recevant l’OHB en complément de leurs médicaments conventionnels, comparés à ceux sous médicaments seuls. En moyenne, les scores UPDRS-III se sont améliorés d’environ 3 points supplémentaires dans les groupes sous OHB par rapport aux groupes témoins (différence moyenne ≈ –2,96, intervalle de confiance à 95% –4,31 à –1,61). Bien que cette amélioration puisse paraître modeste en valeur absolue, elle est statistiquement très significative (p < 0,01) et suggère un meilleur contrôle moteur avec l’OHB. De manière cohérente, cette même méta-analyse a également constaté un « taux d’efficacité thérapeutique » global plus élevé (une mesure composite de l’amélioration clinique) dans les groupes OHB : 90,9% contre 76,2% dans les groupes témoins, soit un rapport de cotes d’environ 3,18 en faveur de l’OHB.
Ces bénéfices moteurs ont été observés de façon reproductible dans de multiples études indépendantes. Par exemple, l’étude de Bu et collaborateurs (2025) analysant 13 essais a conclu que l’OHB améliore la fonction motrice et réduit la sévérité globale de la maladie, comme en témoignent des scores UPDRS-III plus bas et même une légère régression du stade Hoehn-Yahr (une échelle qui mesure le stade de sévérité de la maladie) comparé aux témoins. Cette amélioration du stade Hoehn-Yahr était faible (réduction moyenne d’environ 0,14 stade) mais statistiquement significative, suggérant une légère réduction du degré de sévérité global des symptômes avec la thérapie.
Concrètement, les patients parkinsoniens bénéficiant d’OHB ont rapporté des mouvements plus fluides, une réduction des tremblements et une meilleure stabilité de la marche dans ces études. Il est toutefois important de noter que la plupart des essais étaient de durée relativement courte, allant de 4 semaines à 3 mois de traitement par OHB. L’OHB semble donc améliorer la fonction motrice pendant la période de traitement, mais la question de savoir si ces gains persistent à long terme ou influencent la progression de la maladie demeure ouverte et fait l’objet de recherches continues.
Bénéfices cognitifs et sur la mémoire
Les troubles cognitifs constituent une manifestation non-motrice fréquente de la maladie de Parkinson, allant d’un déficit cognitif léger jusqu’à une démence parkinsonienne à part entière. De manière encourageante, plusieurs études humaines ont démontré des améliorations de la fonction cognitive chez les patients parkinsoniens recevant l’oxygénothérapie hyperbare. Les résultats cognitifs sont généralement mesurés par des échelles standardisées comme le MMSE (Mini-Mental State Examination) et le MoCA (Montreal Cognitive Assessment), deux tests qui évaluent la cognition globale incluant la mémoire, l’attention et les fonctions exécutives.
La méta-analyse de Pan et collaborateurs publiée en 2025 a mis en évidence des gains cognitifs significatifs avec l’OHB. Les données combinées ont montré une amélioration tant au MoCA qu’au MMSE chez les patients après OHB comparé à leurs scores de base, indiquant une meilleure cognition globale. Par exemple, les patients traités par OHB se sont améliorés de plusieurs points au MoCA par rapport à leur niveau initial, alors que les patients témoins ont montré peu de changement.
Une autre méta-analyse (2024, Bu et collaborateurs) a quantifié une ampleur d’effet modérée pour l’amélioration cognitive : les groupes OHB ont obtenu des scores plus élevés au MoCA d’environ 0,65 unité d’écart-type par rapport aux témoins (SMD = +0,65, p < 0,01). Cela suggère qu’en moyenne, les patients sous OHB ont performé de manière significativement meilleure aux tests cognitifs que ceux ne recevant pas l’OHB. Qualitativement, certains patients ont rapporté une meilleure mémoire, une attention accrue et une plus grande clarté mentale pendant les cures d’OHB dans plusieurs études incluses.
Des essais cliniques individuels viennent étayer ces résultats agrégés. Par exemple, Peng et collaborateurs (2020) ont mené un essai contrôlé chez des patients parkinsoniens avec démence, combinant l’OHB avec la mémantine, un médicament améliorant les fonctions cognitives. Cette étude a constaté que le groupe OHB + mémantine présentait des améliorations plus importantes des scores aux tests cognitifs que le groupe mémantine seule. De manière similaire, d’autres essais contrôlés randomisés chinois en 2024 (comme ceux de Chen et collaborateurs, Zhang et collaborateurs) ont rapporté des scores MMSE et MoCA plus élevés après 1 à 2 mois d’OHB, comparés aux patients témoins sous médication seule.
Au-delà de la cognition générale, certaines indications suggèrent que l’OHB pourrait spécifiquement aider les fonctions exécutives et la mémoire. Bien que la plupart des essais aient utilisé des échelles cognitives globales, certains ont noté une amélioration de la capacité d’attention et de la vitesse de traitement de l’information avec l’OHB. Ces améliorations sont probablement liées à une meilleure oxygénation et un meilleur métabolisme cérébral. Les patients parkinsoniens présentent souvent une réduction du débit sanguin cérébral régional et une hypoxie, qui peuvent altérer la cognition ; l’OHB pourrait contrecarrer cela en augmentant la teneur en oxygène du sang et la perfusion cérébrale, améliorant ainsi temporairement les performances cognitives.
Effets sur l’humeur (dépression et anxiété)
Les symptômes neuropsychiatriques tels que la dépression et l’anxiété sont très fréquents dans la maladie de Parkinson et impactent considérablement la qualité de vie. L’oxygénothérapie hyperbare a démontré des effets antidépresseurs et anxiolytiques notables chez les patients parkinsoniens, tant dans des études cliniques que dans des rapports de cas.
La revue systématique de 2025 sur l’OHB et les symptômes non-moteurs de la maladie de Parkinson a constaté des réductions significatives des scores d’anxiété et de dépression après OHB. Plus spécifiquement, l’analyse combinée a montré que les patients parkinsoniens présentaient des scores plus bas à l’échelle d’anxiété de Hamilton (HAMA) et à l’échelle de dépression de Hamilton (HAMD) après des cures d’OHB, comparés à leurs propres scores de référence (p < 0,05). Ces échelles mesurent la sévérité des symptômes anxieux et dépressifs ; une diminution représente donc une amélioration clinique. Cette méta-analyse souligne que l’OHB soulage effectivement l’anxiété et la dépression chez les patients parkinsoniens en tant que groupe. Il est notable que ces améliorations ont été observées même avec des périodes de traitement relativement courtes (la plupart des études ont administré l’OHB pendant 1 à 2 mois), suggérant une réponse de l’humeur assez rapide.
Un rapport de cas particulièrement illustratif a été publié par Xu et collaborateurs en 2018. Il concernait un patient parkinsonien de 45 ans souffrant de dépression et d’anxiété sévères et réfractaires, qui a subi 30 jours d’OHB comme thérapie alternative (le patient avait refusé les médicaments antidépresseurs). Après la cure d’OHB, les symptômes psychiatriques du patient se sont nettement améliorés : les scores aux échelles de dépression et d’anxiété de Hamilton ont chuté de manière significative, et même l’UPDRS Partie I (aspect mental) et Partie II (activités de la vie quotidienne, souvent affectées par l’humeur) se sont améliorés. Les auteurs ont rapporté une « amélioration psychiatrique marquée » et ont conclu que l’OHB pourrait être une thérapie prometteuse pour les patients parkinsoniens avec troubles de l’humeur.
Plusieurs essais contrôlés randomisés ont également mesuré les résultats en termes de dépression et d’anxiété. Par exemple, les études de Liu et collaborateurs (2016) et Wang et collaborateurs (2021) ont inclus les scores HAMD/HAMA comme mesures de résultats ; elles ont constaté des scores d’humeur significativement meilleurs dans les groupes OHB après traitement, comparés aux groupes témoins sous médicaments seuls. Bien que les tailles d’échantillons individuelles étaient modérées (environ 50 à 60 patients chacune), la cohérence de l’effet antidépresseur à travers les études renforce la confiance dans le fait que l’OHB contribue à l’amélioration de l’humeur.
Le mécanisme derrière ces bénéfices sur l’humeur n’est pas totalement confirmé, mais une meilleure oxygénation et un meilleur métabolisme cérébral jouent probablement un rôle. La dépression dans la maladie de Parkinson est supposée être liée à la neuroinflammation (inflammation du tissu nerveux) et à une altération de la neurochimie ; les effets anti-inflammatoires et neuroplastiques de l’OHB pourraient aider à normaliser ces voies biologiques.
Qualité du sommeil et fatigue diurne
Les troubles du sommeil figurent parmi les symptômes non-moteurs les plus problématiques de la maladie de Parkinson, incluant l’insomnie, le sommeil fragmenté, les troubles du comportement en sommeil paradoxal et la somnolence diurne excessive. C’est peut-être dans le domaine du sommeil que les preuves des bénéfices de l’OHB sont les plus claires : de multiples études de haute qualité montrent que l’OHB peut améliorer de manière significative la qualité et l’architecture du sommeil chez les patients parkinsoniens.
Une méta-analyse dédiée publiée en 2024 par Tan et collaborateurs a examiné 7 essais contrôlés randomisés (461 patients) se concentrant spécifiquement sur l’OHB pour les troubles du sommeil liés à la maladie de Parkinson. Les résultats sont remarquables : l’OHB a significativement amélioré les paramètres objectifs du sommeil mesurés par polysomnographie (un enregistrement détaillé de l’activité cérébrale et physiologique pendant le sommeil). En moyenne, les patients parkinsoniens recevant l’OHB en complément ont connu : une efficacité du sommeil accrue de +15,3% (pourcentage du temps passé au lit réellement endormi) ; une durée totale de sommeil allongée d’environ 76 minutes par nuit en moyenne ; des durées de sommeil profond (à ondes lentes) et de sommeil paradoxal prolongées (respectivement +6,1 minutes et +4,1 minutes par nuit) ; un nombre de réveils nocturnes réduit (environ 11,5 réveils de moins par nuit que les témoins, ce qui est une amélioration substantielle) ; et une latence d’endormissement raccourcie (les patients s’endormaient environ 6,6 minutes plus rapidement en moyenne). Toutes ces différences étaient hautement significatives (p < 0,0001 dans la plupart des cas) et indiquent une normalisation quantitative des patterns de sommeil avec l’OHB.
La qualité subjective du sommeil s’est également améliorée. Dans la même analyse, des questionnaires standardisés sur le sommeil ont montré un bénéfice : les scores à l’échelle du sommeil de la maladie de Parkinson (PDSS) et à l’index de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI) se sont améliorés significativement après OHB. Les résultats combinés ont montré que les patients sous OHB avaient des scores PSQI inférieurs d’environ 2,5 points par rapport aux témoins (un PSQI plus bas indique une meilleure qualité de sommeil). Cela suggère que les patients ressentaient leur sommeil comme moins perturbé et plus reposant. De plus, la somnolence diurne mesurée par l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS) a diminué (les scores ESS des groupes OHB étaient environ 2,9 points plus bas que ceux des témoins, p < 0,00001). Cliniquement, cela signifie que les patients étaient moins somnolents et fatigués pendant la journée, probablement comme résultat direct d’un meilleur sommeil nocturne.
Par exemple, dans un essai contrôlé randomisé, Cheng et collaborateurs (2024) ont traité des patients parkinsoniens avec 8 semaines d’OHB et ont constaté une efficacité du sommeil nettement améliorée (passant d’environ 70% à environ 85%) et une extension de la durée totale de sommeil de plus d’une heure. Les témoins n’ont montré qu’un changement minimal. De manière similaire, Wang et Feng (2021) ont rapporté qu’un groupe OHB présentait des scores de qualité de sommeil bien meilleurs et moins de somnolence diurne que le groupe sans OHB après 3 mois de thérapie.
Au vu de ces preuves robustes, la revue de 2024 axée sur le sommeil a conclu que l’OHB est efficace pour gérer les troubles du sommeil dans la maladie de Parkinson et a explicitement recommandé l’OHB pour les patients parkinsoniens souffrant de perturbations du sommeil comme thérapie d’appoint. Il s’agit de l’un des bénéfices les mieux documentés de l’OHB dans la maladie de Parkinson à ce jour. Un sommeil amélioré n’améliore pas seulement la qualité de vie, mais peut également avoir des bénéfices en cascade sur la fonction motrice et la cognition, puisque le sommeil a des effets restaurateurs sur le cerveau.
Autres améliorations des symptômes non-moteurs
Au-delà de la cognition, de l’humeur et du sommeil, l’OHB a montré des résultats prometteurs dans le soulagement de plusieurs autres symptômes et complications liés à la maladie de Parkinson. Bien que les preuves dans ces domaines proviennent parfois d’un nombre plus limité d’études ou de mesures secondaires, elles représentent des bénéfices cliniques émergents observés.
Déglutition et dysphagie
La maladie de Parkinson peut altérer la déglutition (dysphagie), augmentant le risque de pneumonie par aspiration. Certaines études indiquent que l’OHB peut améliorer la fonction de déglutition. Dans la méta-analyse de 2025, l’une des mesures de résultats était le test de l’eau de Kubota, un test clinique évaluant la vitesse et la sécurité de la déglutition. L’OHB s’est avérée améliorer significativement les résultats du test de Kubota (les patients pouvaient avaler de l’eau plus efficacement après OHB). Cette amélioration de la déglutition pourrait être due à une fonction musculaire améliorée dans la région oropharyngée ou peut-être à une meilleure vigilance et coordination. Les cliniciens ont observé que les patients sous OHB éprouvaient moins de toux ou d’étouffement pendant les repas et avaient plus de facilité à avaler les comprimés.
Dysfonctionnement autonome
La maladie de Parkinson implique souvent des problèmes du système nerveux autonome, tels que l’hypotension orthostatique (chute de la tension artérielle en position debout) et la constipation. Il existe des preuves préliminaires que l’OHB pourrait aider dans ce domaine. Par exemple, une étude a noté que l’OHB peut stimuler le système sympatho-surrénalien et potentiellement améliorer l’hypotension orthostatique dans la maladie de Parkinson. Le mécanisme proposé est que l’OHB augmente la libération périphérique de dopamine par les glandes surrénales, aidant à la régulation de la tension artérielle. Bien que les données cliniques robustes à ce sujet soient limitées, quelques observations de cas ont rapporté que les patients se sentaient moins étourdis en se levant après OHB.
Fatigue et tolérance à l’exercice
De nombreux patients parkinsoniens souffrent de fatigue générale. En améliorant le sommeil et l’utilisation de l’oxygène, l’OHB peut indirectement réduire la fatigue (comme en témoignent les scores ESS de somnolence diurne plus bas). Certains rapports notent que les patients ont une énergie et une endurance accrues après une cure d’OHB, leur permettant potentiellement de participer davantage à la physiothérapie ou à l’exercice physique. La combinaison d’un meilleur sommeil et d’une meilleure humeur contribue probablement à des niveaux de fatigue réduits.
Qualité de vie
Bien que peu d’essais aient formellement mesuré la qualité de vie, les améliorations multiples apportées par l’OHB (motrice, humeur, sommeil, etc.) suggèrent une meilleure qualité de vie globale pour les patients traités. Les patients et leurs aidants rapportent souvent subjectivement des améliorations du fonctionnement quotidien et du bien-être pendant l’OHB. Par exemple, une fonction motrice améliorée signifie plus d’indépendance dans les tâches quotidiennes, et une amélioration de l’humeur et du sommeil se traduit par un engagement social accru.
Recherches en cours et questions non résolues
Bien que les bénéfices présentés ci-dessus soient soutenus par des études cliniques, il est important de distinguer ce qui est définitivement prouvé de ce qui reste incertain ou en cours d’investigation. L’OHB pour la maladie de Parkinson est encore un domaine relativement nouveau de recherche clinique, et plusieurs questions sont activement explorées.
Efficacité à long terme et progression de la maladie
Aucune étude à ce jour n’a démontré de manière définitive que l’OHB modifie l’évolution à long terme de la maladie de Parkinson. Les essais menés ont été de courte à moyenne durée (quelques semaines à quelques mois de thérapie), examinant les changements symptomatiques. Il reste donc incertain si l’OHB peut ralentir la neurodégénérescence ou fournir des bénéfices neuroprotecteurs dans la maladie de Parkinson sur des années. Des études précliniques sur des modèles animaux sont prometteuses – par exemple, l’OHB a protégé les neurones dopaminergiques et réduit la neuroinflammation dans des modèles murins de la maladie de Parkinson – mais chez l’humain cela n’a pas été prouvé. Certains chercheurs spéculent qu’en réduisant l’hypoxie cérébrale et le stress oxydatif, l’OHB pourrait décélérer la progression de la maladie, mais sans essais cliniques à long terme ou biomarqueurs, cela reste hypothétique. Des études futures sont nécessaires où des patients parkinsoniens reçoivent l’OHB sur des périodes plus longues et sont suivis pour les taux de progression de la maladie.
Protocole de traitement optimal
Les études réalisées jusqu’à présent ont utilisé des protocoles d’OHB variables – différentes pressions (généralement 1,5 à 2,5 ATA, c’est-à-dire atmosphères absolues), durées de session (60 à 90 minutes), fréquences (une fois par jour à quelques fois par semaine) et nombre total de séances (allant de 10 jusqu’à 60 dans certains cas). Ces différences rendent incertain le « dosage » optimal de l’OHB pour la maladie de Parkinson. La méta-analyse de 2025 a explicitement noté que « les protocoles d’OHB présentaient des différences significatives entre les études » et a appelé à une standardisation. Il est inconnu, par exemple, si une OHB à pression modérée sur une période plus longue pourrait être aussi efficace qu’une cure à pression plus élevée de courte durée. Des recherches futures visent à comparer les protocoles pour identifier le régime le plus efficace et sûr.
Sécurité et tolérance
L’OHB est généralement considérée comme sûre lorsque des protocoles appropriés sont suivis, et les études sur la maladie de Parkinson le confirment largement. Quelques effets secondaires légers (barotraumatisme de l’oreille, inconfort sinusien, etc.) ont été rapportés de manière anecdotique, mais aucun événement indésirable grave attribuable à l’OHB n’a été trouvé dans les essais. En fait, au moins trois essais contrôlés randomisés ont spécifiquement surveillé les effets indésirables ; deux d’entre eux ont rapporté l’incidence des effets secondaires dans les groupes OHB versus témoins et n’ont trouvé aucune différence significative. Cela suggère que l’OHB n’a pas introduit de risques majeurs au-delà de ce que les patients témoins ont expérimenté. Les recherches en cours continuent de surveiller la sécurité dans des populations spéciales (par exemple, les patients parkinsoniens âgés avec comorbidités).
Reproductibilité et essais multicentriques
La plupart des preuves positives pour l’OHB dans la maladie de Parkinson proviennent d’études d’un seul pays (principalement la Chine). Bien qu’il n’y ait aucune raison évidente de douter de ces résultats, la communauté parkinsonienne mondiale considérerait les bénéfices comme plus définitivement prouvés s’ils étaient confirmés par de grands essais multicentriques à travers des populations diverses. À ce jour, de telles études font défaut. Reconnaissant cela, des chercheurs ont commencé à planifier des essais dans d’autres pays. Le consensus actuel est que les bénéfices de l’OHB dans la maladie de Parkinson semblent prometteurs et cliniquement significatifs, mais une validation plus large est nécessaire avant qu’elle ne devienne un standard de soins.
Conclusion
L’oxygénothérapie hyperbare a démontré une gamme de bénéfices pour les patients atteints de la maladie de Parkinson dans des études cliniques humaines, particulièrement dans l’amélioration de la fonction motrice, de l’humeur, des performances cognitives, de la qualité du sommeil et d’autres symptômes non-moteurs. Ces bénéfices sont soutenus par de multiples essais contrôlés randomisés et méta-analyses au cours des quelque 10 dernières années, indiquant que l’OHB est un traitement d’appoint scientifiquement fondé pour la maladie de Parkinson.
Il est important de souligner que l’OHB doit être considérée comme une thérapie complémentaire, utilisée en addition aux traitements standards et non en remplacement. Les améliorations observées, bien que statistiquement significatives et cliniquement pertinentes, sont généralement modérées en amplitude. Néanmoins, pour une maladie aussi invalidante que Parkinson, où les options thérapeutiques demeurent limitées, toute amélioration de la qualité de vie et des symptômes est précieuse.
Certains aspects – comme son impact à long terme sur la progression de la maladie et les paramètres de traitement optimaux – restent incertains et font l’objet de recherches continues. L’état actuel des preuves justifie un optimisme prudent : l’OHB soulage efficacement de nombreux symptômes invalidants de la maladie de Parkinson et le fait avec un profil de sécurité favorable. Des essais plus vastes et plus rigoureux, dont certains sont déjà en cours, aideront à solidifier ces résultats, à répondre aux questions ouvertes, et potentiellement à ouvrir la voie pour que l’OHB devienne une composante acceptée de la prise en charge globale de la maladie de Parkinson.
Sources principales
- Bu, S. et al. (2025). « Hyperbaric Oxygen Therapy Improves Motor Symptoms, Sleep, and Cognitive Dysfunctions in Parkinson’s Disease. » Dementia and Geriatric Cognitive Disorders, 54(3), 187–200. Méta-analyse de 13 essais contrôlés randomisés (958 patients).
- Pan, Z. et al. (2025). « Effect of hyperbaric oxygen therapy for non-motor symptoms among patients with Parkinson’s disease: A systematic review and meta-analysis. » Clinical Rehabilitation, 39(3), 281–294. Méta-analyse de 16 études (1324 patients).
- Tan, W. et al. (2024). « Efficacy of HBOT as an adjunct therapy in the treatment of sleep disorders among patients with PD: a meta-analysis. » Frontiers in Neurology, 15:1328911. Méta-analyse de 7 essais contrôlés randomisés (461 patients) axée sur le sommeil.
- Xu, J. et al. (2018). « Hyperbaric oxygen treatment for Parkinson’s disease with severe depression and anxiety: A case report. » Medicine (Baltimore), 97(9):e0029.


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